Enquêtes en population
11,3 %
des femmes (et 3,8 % des hommes) déclarent avoir subi des violences sexuelles avant 15 ans : la prévalence mesurée par enquête, au-delà des seules plaintes.
Protéger un enfant
La prévention utile n'est pas une panique abstraite contre des inconnus. Elle parle du cercle proche, du silence imposé, des signaux faibles, et des gestes qui permettent de transmettre aux bons professionnels sans se transformer en justicier.
160 000
enfants seraient victimes de violences sexuelles chaque année en France, selon l'estimation reprise par les politiques publiques.
Source : CIIVISE, 2023
+ de 1 / 100
soit plus d'un enfant sur cent victime chaque année, ces 160 000 enfants rapportés aux près de 14 millions de mineurs vivant en France.
Source : Dérivé des 160 000/an (CIIVISE) et de la population (INSEE, 2026)
1 adulte / 10
environ un adulte sur dix vivant en France a subi des violences sexuelles dans son enfance, soit 5,4 millions de personnes.
Source : CIIVISE / INSERM, 2023
Deux façons de mesurer l'ampleur, à ne pas confondre : chaque année, plus d'un enfant sur cent est victime (160 000 sur près de 14 millions de mineurs) ; sur toute une vie, environ un adulte sur dix a été victime dans son enfance. Ces chiffres ne servent pas à faire peur, mais à regarder le problème en face : il est massif, précoce, et le plus souvent proche.
Sources : CIIVISE (2023) pour les 160 000 enfants et les 5,4 millions d'adultes, INSEE (2026) pour la population de mineurs.
Chiffres de cadrage
Des ordres de grandeur issus de sources publiques, pour situer l'ampleur du phénomène sans le réduire aux seules plaintes déposées.
Enquêtes en population
11,3 %
des femmes (et 3,8 % des hommes) déclarent avoir subi des violences sexuelles avant 15 ans : la prévalence mesurée par enquête, au-delà des seules plaintes.
Réponse judiciaire
+56 %
de personnes mises en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur entre 2020 et 2024 : la parole se libère, la chaîne pénale est déjà sous tension.
Monde
1 sur 8
filles et femmes vivantes auraient subi un viol ou une agression sexuelle avant 18 ans dans les estimations UNICEF.
Adultes
On n'a pas besoin de terroriser les enfants pour les protéger. En revanche, les adultes doivent arrêter de regarder le problème comme un risque rare, lointain ou limité à des inconnus. La prévention sérieuse commence par cette lucidité.
Les sources publiques insistent sur le poids du cercle proche, de l'inceste, des violences répétées et du silence imposé. La prévention adulte doit donc regarder famille, proches, institutions, clubs, lieux de garde et espaces numériques, pas seulement le trajet de l'école.
Les faits enregistrés par la police et la justice ne sont qu'une partie du phénomène : beaucoup de violences ne sont jamais signalées, ou révélées des années plus tard. Une hausse des plaintes traduit autant la libération de la parole que l'ampleur réelle, qui reste largement hors des statistiques.
La chaîne pénale commence après la révélation, la plainte ou le signalement. Or les violences sont souvent tues, répétées et révélées tardivement. Prévenir, c'est aussi réduire le délai entre un doute sérieux, la protection de l'enfant et la transmission aux professionnels.
Où se situe vraiment le risque
L'image de l'inconnu qui rôde rassure parce qu'elle est simple et extérieure. La réalité décrite par les sources publiques est moins confortable. Changez d'angle ci-dessous pour voir où, par qui et à quel âge les violences surviennent vraiment.
Parmi les personnes ayant témoigné à la CIIVISE, le foyer et l'entourage proche concentrent l'écrasante majorité des situations. L'inconnu dans la rue, lui, est rare. Ces parts ne s'additionnent pas à 100 : une même personne peut décrire plusieurs contextes.
Part des situations citées, parmi les personnes ayant témoigné à la CIIVISE
Répartition issue d'un appel à témoignages (non généralisable telle quelle), mais l'ordre de grandeur est convergent : 77 % des 160 000 enfants victimes chaque année le sont dans la famille. À l'inverse, près de 4 adultes sur 10 croient encore que l'agresseur est surtout un inconnu, et c'est ce décalage qui laisse le danger là où on ne regarde pas.
À lire avant tout : un risque de population, pas un verdict
Un facteur de risque documenté
Cette part se lit parmi les victimes ayant vécu avec un beau-père : ce n'est pas « un beau-père sur trois est un agresseur ». Les recherches internationales confirment néanmoins un sur-risque réel. Une étude finlandaise mesure environ 3,7 % d'agressions par un beau-père contre 0,2 % par un père biologique. L'« effet Cendrillon » avancé par d'autres travaux (parfois résumé par un facteur très élevé) est réel mais fortement nuancé par les réanalyses : effet plus modéré, concentré sur les très jeunes enfants, et lié à d'autres facteurs (jeunesse, précarité du foyer).
Les contextes, concrètement
Les chiffres situent l'ampleur ; ces repères décrivent les contextes où le risque se loge, pour savoir où rester attentif sans soupçonner tout le monde.
C'est le contexte que les adultes regardent le moins, et c'est souvent là que les violences se produisent et se répètent. Inceste, conjoint d'un parent, fratrie, famille élargie : la proximité et le lien affectif servent à imposer le silence, pas à protéger l'enfant. Les travaux publics sur l'inceste insistent sur ce point.
Ami de la famille, voisin, baby-sitter, adulte familier que l'enfant connaît et apprécie. Un agresseur n'a pas un profil reconnaissable : il a un accès et une confiance. La règle n'est pas de se méfier de tout le monde, mais de cesser de croire que connaître quelqu'un suffit à écarter le risque.
École, accueil de loisirs, internat, structures religieuses, milieu médical ou éducatif : partout où des adultes encadrent des enfants, parfois en tête-à-tête, le risque existe. Ce n'est pas une accusation contre ces lieux, c'est une raison de poser des cadres clairs et de prendre au sérieux la parole d'un enfant.
Vestiaires, déplacements, stages, relation d'autorité d'un entraîneur ou d'un référent : l'admiration et la promesse de progresser peuvent être détournées. Un adulte qui isole un enfant, multiplie les contacts privés ou exige un secret doit alerter, quel que soit son statut.
Messageries, jeux, réseaux sociaux : la sollicitation, le chantage à l'image et la mise en confiance progressive se font à distance, parfois sans rencontre physique. Le danger ne vient pas que d'inconnus : il peut s'agir d'une relation numérique installée dans la durée. Un contenu ou une sollicitation se signale à PHAROS.
Repères pour les parents
Le but n'est pas de faire d'un enfant son propre garde du corps, mais de lui donner des mots, des limites et des portes de sortie. La charge de la protection reste sur les adultes.
Garder des moments où l'enfant peut parler sans être interrompu ni jugé. Les révélations passent rarement par une phrase claire : elles arrivent par bribes, longtemps après, ou par un détour. Une réaction calme et accueillante vaut mieux qu'un interrogatoire.
Changement de comportement, peur soudaine d'une personne ou d'un lieu, repli, troubles du sommeil, propos ou jeux à connotation sexuelle inhabituels pour l'âge. Aucun signe ne prouve à lui seul une agression, mais un faisceau d'indices mérite attention plutôt que minimisation.
Un enfant a le droit de refuser un bisou, un câlin, un contact, même avec un proche. Lui apprendre que son corps lui appartient, et que ce refus sera respecté par les adultes autour de lui, vaut plus qu'une longue mise en garde contre des dangers abstraits.
Une surprise est une bonne chose qu'on révélera bientôt et qui rend joyeux. Un secret qu'un adulte impose de garder pour toujours, surtout s'il concerne le corps, n'est jamais normal. Cette distinction simple donne à l'enfant une porte de sortie claire.
Aider l'enfant à identifier plusieurs adultes vers qui se tourner, dont au moins un en dehors du cercle familial immédiat. S'il ne peut compter que sur une seule personne, et que cette personne est en cause, il n'a plus d'issue.
Nommer les parties du corps avec des mots exacts, parler de l'intimité sans gêne ni dramatisation. Un enfant qui dispose des bons mots et n'a pas appris que le sujet est honteux pourra décrire ce qu'il subit et être compris.
En cas de doute
Un doute sérieux est un signal de protection, pas le début d'une enquête privée. Quatre réflexes, dans cet ordre.
Croire l'enfant et le sécuriser d'abord : le mettre hors de portée de la personne concernée prime sur la recherche de preuves.
Noter les faits : dates, mots exacts employés par l'enfant, contexte, personnes présentes. Une chronologie factuelle aide les professionnels et n'altère pas le récit.
Ne pas faire répéter l'enfant en boucle ni lui souffler de réponses : les questions répétées et orientées fragilisent autant l'enfant que le dossier.
Transmettre à qui de droit selon l'urgence : 17 ou 112 en cas de danger immédiat, 119 pour un enfant en danger ou en risque, PHAROS pour un contenu ou une sollicitation en ligne.
Ligne rouge
La colère est légitime. Mais certaines réactions mettent l'enfant en danger, visent parfois la mauvaise personne, et font échouer la procédure qui aurait pu protéger.
Ne pas prévenir la personne concernée
Ne pas faire répéter l'enfant ni le confronter
Préserver les éléments plutôt que les manipuler
Passer par les voies prévues pour ça
Un mineur risque d'être agressé, enlevé, menacé ou recontacté maintenant.
Appeler le 17 ou le 112. Ne pas attendre de compléter un dossier.
Une situation inquiète, même sans preuve complète ou sans urgence immédiate.
Contacter le 119 ou transmettre une information préoccupante selon le cadre local.
Compte, message, image, rendez-vous proposé, menace, chantage ou contenu pédocriminel.
Signaler à PHAROS et conserver les URLs, horodatages et captures sans rediffuser.
Signaux faibles, propos rapportés, changement de comportement, article local ou contexte institutionnel.
Écrire une chronologie factuelle et demander conseil à un professionnel ou aux autorités.
L'enfant a parlé ou laisse entendre quelque chose.
Croire sans interroger en boucle, noter les mots exacts, sécuriser l'environnement, transmettre.
Ressources et numéros
Ces contacts sont là pour être utilisés, y compris dans le doute. On peut appeler pour être conseillé, sans avoir à tout prouver d'abord.
En cas de danger immédiat pour un enfant : agression en cours, menace, enlèvement, contact en train de se nouer. Ne pas attendre d'avoir réuni un dossier complet.
Service public national, gratuit et joignable en continu, pour tout enfant en danger ou en risque de l'être. On peut appeler dans le doute, y compris sans preuve, pour être conseillé et orienté.
Site officielPlateforme officielle pour signaler un contenu ou un comportement illicite sur internet : sollicitation de mineur, chantage à l'image, contenu pédocriminel. Conserver les URL et les horodatages sans rediffuser le contenu.
Site officielDes associations reconnues accompagnent gratuitement les victimes et leurs proches : écoute, information sur les droits, soutien dans les démarches. Elles ne remplacent pas un signalement aux autorités, elles aident à le porter.
Pour situer les violences sexuelles faites aux enfants au-delà des idées reçues : travaux de la commission indépendante sur l'inceste, plan national et campagne publique de sensibilisation.
Site officielEn cas de risque immédiat
Si un mineur est en danger maintenant : 17 ou 112. Si un mineur est en danger ou en risque de l'être : 119. Pour un contenu ou comportement illicite en ligne : PHAROS. Le dossier Vigie sert à rassembler les éléments pour les autorités, sans les publier.
Pedoland
La campagne politique et sociale.
Atlas
Comparer pays, sanctions et qualité des données.
Prévention
Protéger les enfants sans faire n'importe quoi.
Justice
Peines, délais, classements, exécution.
Justice face au volume
Surcharge, délais, défaillances structurelles.
Dossier
Préparer un signalement exploitable.
Alerte
Recevoir les nouveaux signaux presse locaux.
Pétition
Demander un changement de loi.