Vigie

Manifeste

La carte de ce que la France refuse de regarder.

Vigie rassemble les chiffres publics sur les violences sexuelles sur mineurs, ce que la justice en fait vraiment, et ce que chacun peut faire pour protéger un enfant. Sans noms, sans visages, sans fichage de personnes. Le choc ne vient pas d'un scandale : il vient des chiffres, quand on accepte enfin de les poser ensemble.

160 000

enfants victimes de violences sexuelles chaque année en France. Pas des cas isolés : un phénomène de masse longtemps tu.

Source : CIIVISE, rapport public (2023)

5,4 millions

d'adultes vivant en France ont subi des violences sexuelles pendant leur enfance.

Source : CIIVISE (2023)

8 ans et demi

âge moyen au début des violences. La très grande majorité des victimes sont touchées avant l'adolescence.

Source : CIIVISE (2023), confirmé Infostat Justice n°205 (2025)

L’ampleur

Un phénomène de masse, pas un fait divers

La CIIVISE, commission indépendante installée par l'État, a posé l'ordre de grandeur : environ 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, soit 5,4 millions d'adultes aujourd'hui qui les ont subies enfants. Ce n'est pas une marge statistique : c'est une classe d'âge entière, génération après génération.

Les mêmes faits, vus depuis l'Europe et le monde

Des ordres de grandeur, à lire avec leurs limites : les définitions pénales et la propension à porter plainte varient d'un pays à l'autre.

UE 2023

244 205

infractions de violences sexuelles enregistrées par la police dans l'Union européenne, dont 91 899 viols.

UNICEF

1 sur 8

filles et femmes vivantes auraient subi un viol ou une agression sexuelle avant 18 ans dans les estimations mondiales UNICEF.

Le danger

Le plus souvent, ça vient de l'intérieur

Le scénario de l'inconnu dans la rue rassure parce qu'il est simple. La réalité documentée est plus dure : les violences se jouent le plus souvent dans le cercle familial, amical, éducatif, sportif ou en ligne, là où l'enfant a appris à faire confiance. C'est précisément ce qui les rend difficiles à voir et longues à dire.

Un phénomène très sous-déclaré

Les chiffres enregistrés par la police et la gendarmerie ne montrent qu'une partie de la réalité. Beaucoup de faits ne sont jamais signalés, parfois révélés des années plus tard. Les statistiques publiques restent des faits enregistrés, pas la totalité des faits subis : la hausse des plaintes traduit autant la libération de la parole que l'ampleur réelle du problème.

Une réponse pénale sous tension

Entre la plainte, l'enquête, le jugement et l'exécution de la peine, le temps judiciaire est long et les moyens d'enquête, notamment numérique, sont comptés. L'écart entre le discours politique et la réalité opérationnelle nourrit la défiance des victimes et le sentiment d'impunité.

La justice, vraiment

Ce que la justice en fait, chiffres en main

Entre le discours politique et la réalité d'un dossier, le fossé est mesurable. Voici ce que disent les statistiques publiques les plus récentes du ministère de la Justice.

64 %

des majeurs mis en cause pour violences sexuelles sur mineur ne sont pas poursuivables : l'affaire est classée, le plus souvent pour « infraction insuffisamment caractérisée ».

Source : Infostat Justice n°205 (nov. 2025)

7,3 ans

délai moyen entre les faits et le jugement pour un viol sur mineur. Une attente qui épuise les victimes et érode les preuves.

Source : Infostat Justice n°205 (nov. 2025)

+56 %

de personnes mises en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur entre 2020 et 2024 (+84 % pour le seul viol).

Source : Infostat Justice n°205 (nov. 2025)

Nos demandes

Ce que nous demandons

Pas de justice privée, pas de chasse à l'homme. Une exigence simple : que le pays se donne les moyens de voir, de mesurer et de protéger.

Voir le phénomène

Des cartes, des tendances et des estimations pour sortir du déni territorial.

Mesurer les délais

Afficher le temps réel entre plainte, enquête, jugement et exécution de peine.

Comparer les peines

Rendre lisible l'écart entre peine maximale, peine prononcée et prison réellement effectuée.

Mieux signaler

Aider les citoyens à transmettre des dossiers propres aux autorités, sans exposition publique.

Comparer les pays

Construire un atlas international avec prévalence, justice, sanctions et qualité de données.

Protéger avant le scandale

Mettre la prévention familiale, scolaire, sportive et numérique au centre du sujet.

Notre limite, assumée

Frontaux sur les chiffres, jamais sur les personnes

Vigie peut être frontal sur les chiffres et sur les manques de l'État. Mais Vigie ne deviendra jamais un registre privé de personnes. Désigner publiquement des individus ne protège aucun enfant : cela expose des innocents, fragilise les enquêtes et punit d'abord les victimes. Notre force, c'est de rester sur le terrain des faits agrégés et du droit.

Ce que Vigie ne fera jamais

  • Pas de registre nominatif.
  • Pas de noms, photos, adresses, pseudos ou IP dans la carte publique.
  • Pas d'aide à la réidentification depuis les réseaux sociaux.
  • Les dossiers sont destinés aux autorités, pas à une exposition publique.
  • Les estimations sont affichées comme ordres de grandeur, jamais comme vérité individuelle.

Agir maintenant

Quatre façons de peser

Selon que vous voulez comprendre, protéger, signaler ou réformer.

Un enfant est en danger ?

En cas d'urgence, contactez le 119 (Enfance en danger, gratuit, 24h/24) ou le 17. Un fait à signaler en ligne se transmet à PHAROS. Vigie n'est pas un service de signalement direct : la page Dossier aide à préparer une transmission propre aux autorités.

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Nos sources

Chaque chiffre de cette page renvoie à sa source publique. Les pages thématiques détaillent les méthodes, les limites de comparaison et les références complètes.